Grenelle : d’Hubert Reeves à la conf'

à voir 

 

http://www.biodiversite2007.org/article.php3?id_article=202

 

Nous traversons une crise inquiétante : celle de la perte continue d'espèces végétales et animales dont on ignore à quel stade elle s'arrêtera, si elle s'arrête...

Deux solutions : ou nous nous mobilisons comme nous savons le faire pour résister à l'oppression, ou nous acceptons l'élimination espèce après espèce de tout ce qui vit...

Des citoyens de tous horizons, directement ou à travers une association, informés des risques liés à la perte de biodiversité - risques accrus par le réchauffement climatique - veulent que les pouvoirs publics prennent en compte ce problème et donc le sort réservé à leurs enfants et aux enfants de leurs enfants.

Ce site est un "outil politique" au service de la démocratie participative pour enrichir la démocratie représentative.

Utilisez le pour vous informer, enrichir votre opinion et agir, notamment auprès des responsables politiques locaux et nationaux.


Hubert Reeves et la Ligue Roc ont voulu ce site
et vous invitent à l'explorer pour agir !
 
site: http://www.biodiversite2007.org/
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Partie sur les OGM du discours de Nicolas Sarkosy  :

"Je veux revenir sur le dossier des OGM : la vérité est que nous avons
des doutes sur l'intérêt actuel des OGM pesticides ; la vérité est que
nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination des OGM ; la
vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et
environnementaux des OGM.
Je ne veux pas me mettre en contradiction avec l'Union européenne. Mais,
dans le respect du principe de précaution, je souhaite que la culture
commerciale des OGM pesticides soit suspendue. Ceci en attendant les
conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance qui
sera créée avant la fin de l'année. Nous le ferons en concertation
étroite avec la Commission européenne. Nous le ferons en respectant nos
engagements.

La preuve de cette volonté : je m'engage à ce que la France transpose au
Printemps 2008 la directive OGM. Le Grenelle pose de nouveaux principes
pour encadrer la recherche et la culture des OGM. Je pense au principe
de transparence. Je pense au droit à cultiver avec ou sans OGM. Je pense
à l'obligation de prouver l'intérêt sanitaire et environnemental des
OGM. Ces principes seront inscrits dans le projet de loi de transposition.

Cette suspension de la culture commerciale des OGM pesticides ne
signifie pas que nous devons condamner tous les OGM, et notamment les
OGM d'avenir. Ils sont un immense espoir. Peut-être le seul pour nourrir
la planète demain. Nous devons accélérer la recherche. Il faut
sanctionner ceux qui détruisent des parcelles de recherche. Ce que nous
proposons, c'est le retour de la démocratie : le débat, la transparence,
la décision exclusivement pour des motifs d'intérêt général et non
commercial, la responsabilité ; la contrepartie, c'est le retour de
chacun dans le champ de la démocratie et de l'Etat de droit : le débat
et la controverse, pas les abus et la violence."
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Grenelle

Une victoire : suspension de la culture commerciale des OGM

Après des années de combat, après avoir essuyé tous les qualificatifs les plus désobligeants à notre égard, la reconnaissance de la dangerosité des OGM est effective.

La Confédération paysanne se voit légitimée dans sa clairvoyance.

Peut-être est-ce le début d'une nouvelle ère ?

Peut-être est-ce le début de la prise en compte des dégâts de l'agriculture productiviste ?

 

Les prochains jours devront nous le prouver. Il faut rapidement activer la clause de sauvegarde pour donner corps au moratoire sur les cultures OGM et donner le temps nécessaire au débat et à l'expertise.

 

Sur les autres sujets, si les intentions paraissent séduisantes, les annonces concrètes manquent de précisions et les moyens sont inexistants. Il faudra donc qu'au travers de la suite des travaux du Grenelle, ainsi que dans le cadre des Assises de l'Agriculture, soient précisés très rapidement les moyens financiers à la hauteur des objectifs à atteindre.

En matière de pesticides, la diminution de 50% de leur usage, sans calendrier précis, révèle un recul significatif et inacceptable au regard des effets négatifs pointés dans les travaux préparatoires.

Concernant l'agriculture biologique, l'avancée pour une place à hauteur de 20% dans la restauration collective publique, doit être accompagnée de mesures  foncières, financières et de formation, pour permettre la relocalisation des productions.

 

Par ailleurs, l'idée de croissance chère au gouvernement, est-elle cohérente avec la poursuite des objectifs assignés au Grenelle ?

N'imaginons pas solutionner les questions environnementales avec le « new deal » de l'écologie industrielle !

Contact :  Régis Hochart 06 08 75 00 73

André Bouchut 06 73 39 58 99

Jacques Pasquier  06 72 44 14 83
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Pour sauver la planète, c'est maintenant ou jamais, avertit l'ONU

2007-10-25

NAIROBI (Source vérifiée)

Une action immédiate et décisive est indispensable à tous les échelons pour garantir la survie des générations actuelles et futures, a averti jeudi l'ONU dans la plus grande étude qu'elle ait consacrée aux dangers du changement climatique.

Le rapport de 570 pages du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), publié sous le titre "Etude globale sur l'environnement (GEO-4)", est le résultat du travail de 390 experts. Il compile observations, études et chiffres récoltés sur deux décennies.

Ses conclusions, dans un contexte où le changement climatique domine l'actualité, sont des injonctions sans équivoque aux dirigeants mondiaux pour que la défense de l'environnement figure parmi les décisions prioritaires.

"Les besoins ne sauraient être plus urgents et la période ne saurait être plus opportune (...) face aux défis auxquels nous sommes confrontés, pour agir maintenant afin de garantir notre propre survie et celle des générations futures", écrit le PNUE.

Le rapport décrit l'état de la planète (atmosphère, terre, eau, bio-diversité) et recense les changements survenus depuis que la Commission mondiale pour l'environnement et le développement ("Commission Brundtland") a établi en 1997 son programme intitulé "Notre avenir commun".

"Il y a eu suffisamment d'appels à prise de conscience depuis Brundtland. J'espère sincèrement que le GEO-4 sera le dernier", souligne le directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner.

"La destruction systématique des ressources naturelles de la planète, ou provenant de la nature, a atteint un point où les survies économiques sont en jeu (...) et où la facture transmise à nos enfants pourrait s'avérer impossible à payer", a-t-il ajouté.

La Terre a déjà été confrontée à cinq extinctions d'espèces en 450 millions d'années, la dernière il y a 65 millions d'années. "La sixième extinction majeure est en route, provoquée cette fois-ci par le comportement de l'homme", ajoute le PNUE.

Le développement mondial a été très important durant les 20 dernières années, et l'homme dispose des outils pour comprendre et gérer les défis de l'environnement à venir, mais les réponses apportées ont été "lamentablement inadéquates", selon le rapport.

Le document passe en revue les questions soulevées pour l'environnement par continent et par secteur.

Le climat évolue plus rapidement que durant les 500.000 dernières années. Alors que les températures globales moyennes ont augmenté de 0,74 degrés Celsius lors du siècle écoulé, elles devraient, selon les prévisions, augmenter de 1,8 à 4 degrés dans le siècle prochain.

La population humaine mondiale est devenue tellement importante qu'elle excède "les ressources nécessaires" à sa survie, avertit le rapport. Elle devrait atteindre 8 à 9,7 milliards d'ici à 2050.

"En Afrique, poursuit le texte, la dégradation du sol, voire la désertification sont des menaces (...) La production de nourriture par tête a chuté de 12% depuis 1981".

La consommation de poisson a plus que triplé ces 40 dernières années, mais les prises ont stagné ou décliné depuis 20 ans, et "23% des mammifères et 12% des oiseaux sont menacés".

Le PNUE se défend de chercher à "noircir le tableau", et note des succès dans les efforts pour réduire le trou dans la couche d'ozone et la pollution de l'air. "Mais certains de ces progrès obtenus dans les pays développés l'ont été au détriment des pays en voie de développement, où on exporte la production industrielle et ses effets", remarque le rapport.

"Pour certains des problèmes persistants, les dommages risquent déjà d'être irréversibles", avertit le rapport. Il faut désormais donner la priorité à "l'environnement pour le développement", et non plus au "développement au détriment de l'environnement", conclut le PNUE.




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http://terresacree.org SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée, parce qu'on la massacre! Base vivante d'informations incroyables, souvent abominables, mais VRAIES. L'actualité de la planète au jour le jour, enjeux écologiques planétaires, réchauffement climatique, déforestation, surpopulation mondiale, érosion de la biodiversité, derniers peuples premiers, dignité animale et humaine... Un dossier énorme sur les nouvelles menaces biotechnologiques! Des milliers d'articles indispensables.
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 lire cet extrait à partir du bas de page...
 
 
voilà le site de "lance pierre..".
site d'écolo (?) de droite libérale: si, si, ça existe!
 
ma réponse:
 
les fautives: les femmes? c'est encore la (pro)création qui en prend plein la gueule.Nous avons conscience de la Vie, nous les femmes, nous la ressentons dans nos chairs, est-ce pour cela que nous avons une conscience aigüe de son importance émotionnelle? Le problème n'est pas seulement la "régulation " des naissances, car avec le titanic en action, je ne me fais pas de souci, nous avons mis en oeuvre une artillerie capable de nous exterminer. La force universelle de la Vie est plus intelligente que nous.Nous jouons avec elle sans en connaître les atouts. Coup de Poker.Mais je sais qui gagnera d'avance.A moins que nous nous dépêchions de trouver un Noë et son arche. Pour moi, c'est pas Nicolas, Georges, ou Pout' Lobbyes and co, ou autres, c'est tous  ou rien.
La grêve de la natalité existe en France, oui, de nombreux jeunes en âge de faire des enfants renoncent. Ils renoncent à créer de futurs esclaves au système, et de futures victimes à nos comportements suicidaires. C'est un constat, pas une vision apocalyptique. Je ne fais partie d'aucune secte.J'observe, discute, écoute autour de moi.
 
si seulement de droite, de gauche, de toutes les couleurs et politiques et de peaux, les êtres humains pouvaient se rendent vraiment compte du gâchis et de la merde* puante dans laquelle notre génération est... reconquérir la planète bleue au lieu de Mars, arrêter de promettre en vain la lune, mettre toute l'énergie et la volonté au service d'une seule cause valable sur terre, la Vie, la Terre, utiliser la masse énorme de fric pour cette cause et non contre elle au lieu de générer des objets inutiles, polluants, futiles, débiles pour faire oublier à nos sociétés individuelles et déconnectées de l'Essence ( pas le carburant fossile) que leurs égoïsmes manipulés et organisés ont des conséquences directes sur la vie ou la mort, sur les conditions des souffrances humaines, animales et végétales, sur l'équilibre de notre chance d'être en vie, oui, notre chance encore. Saisissons-là, agissons! ça c'est une révolution verte! pas le peu que j'ai entendu ce soir qui ne me convainc pas.Mais ça ne m'empêche pas de rêver. Quand je ressors démolie de toute la connerie ambiante médiatique sensationnelle télévisuelle, je me demande pourquoi j'ai mis au monde deux enfants dans ce monde où tout devient virtuel, artificiel, même d'humain à humain. J'ai honte.Honte d'être complice du système. Honte de croire qu'il n'y a pas de changement possible vu la tâche et les tâches qui nous gouvernent.Honte.Mais la vie peut être un cadeau, nous les nantis du nord, ceux du sud étant écrasés par nos certitudes et nos boulimies excessives. le vrai cadeau c'est aussi le partage, l'échange et la rencontre.Il faudrait un sursaut planétaire, une minute de lucidité universelle pour éclairer nos consciences éteintes par trop de sarcasmes, de pouvoir et de soif d'égo.Tout est devenu "profit"...même la misère et la santé, ce sont des niches économiques!
De quoi et pourquoi, pour qui, sur le dos de qui ""profiterons"" nous comme des boulimiques impotants quand nous aurons tout pété, y compris notre propre espèce??? Les mondiaux d'en haut sont-ils extra-terrestres???L'argent rend-il fou?

La dernière guerre mondiale se joue aujourd'hui...

 
* la merde est aussi paradoxalement un engrais formidable...
 
je vous joins à tous la carte de voeux 2007 que j'avais écrite, n'ayant pas le coeur à festoyer entre huîtres malades macérées au pétrole, chapons  maltraités et foies gras nourris aux ogms, arrosés de pinard aux pesticides ou de l'eau aux nitrates, le tout couronné par un dessert à la vanilline...
 
 

2007, l'âge de faire pour la planète…

 

Sur le fumier de la connerie humaine

Compostons nos habitudes dites « modernes »

Remplaçons l'amour par la haine

Pour que poussent enfin des idées nouvelles

Sur le terreau fertile d'une consom'action 100% utile

Faisons la chasse au gaspi, au futile

Inventons un avenir avenant et vert

Et non un venin aux nouveaux venus sur terre

Recyclons toute notre façon d'agir et de penser

Un nouvel être humain biodégradable plutôt que biodégradé

La croissance n'est pas le bon chemin

La conscience sera peut-être trop tard demain…

 

Aujourd'hui 2007, l'an nouveau,

Recevez mes souhaits les plus…

Bios !

 

Stéphanie, enfant des années 70 nourrie aux hormones et pesticides, adulte des années 2000 nourrie aux pesticides, ogm et au bio, et qui aimerait bien être grand-mère dans 20 ans, nourrie au bio et recyclable.

"Le pessimisme de la connaissance n'empêche pas l'optimisme du combat."

 

----- Original Message -----
Sent: Thursday, October 25, 2007 8:10 PM
Subject: Re: [forel-ogm] appel de Pierre Lance

mon cherje n'ai pas tout lu c'est trop long
mais quand meme je pense etre globalement d'accord avec vous a deux nuances pres:
d'abordil n'y avait pas a cette epoque la pression financiere des multinationales et des maffias industrialo-financieres  sur les mediats
il est vrais que npous les environnementalistes sommes des petits et ne pouvons rivaliser ce qui fait que les satisfaits par association d'interet sont majoritaires depuis 17H sur tous,absolument tous les mediats
de plus un deuxieme  theoreme mene la gestion de notre monde
les forces de la resistanbce aux maffias industrialo financieres,les ong sont menees et cela est nouveau,sont menees depuis a peu pres deux ans par des gestionaires uniquement interesses par leur renouvellement de mandat,et par la interesses par le renouvellement de mleurs subventions
je le dis comme je le pense mais;les JADOT,GOSSEMENTet surtout RICHARD ex grand patron du commerce des hypermarchés,ceux la sont uniquement interessés par les subventionsde L'ETAT et ne peuvent se positioner comme des fervent du contre grenelle-munich de l'environnement
voila
nous sommes noyautes de l'interieur et ce soir TF1 et ant2 parlent de cultures raisonnees,alors que on sait que c'est une 5EME colonne de la  fnsea
oui la resistance ne fait que commencer,et nonobstant la volonte des nouveaux ecolos de fraiche date qui sont pour la concensualite,nous sommes arqueboutés vers le radicalisme et je dois dire que ce n'est pas bon
gerard liebskind
----- Original Message -----
Sent: Thursday, October 25, 2007 7:44 PM
Subject: [forel-ogm] appel de Pierre Lance

APPEL SOLENNEL

à Monsieur Jean-Louis BORLOO, Ministre de l'Ecologie,

du Développement et de l'Aménagement durables,

à Madame Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET,

Secrétaire d'État chargée de l'Ecologie

ainsi qu'à tous les participants au

"GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT"

d'octobre 2007

par Pierre LANCE

écrivain, philosophe, sociologue

Monsieur le Ministre,

Madame la Secrétaire d'État,

Mesdames et Messieurs les Délégués,

           

            En 52 avant J.-C., Vercingétorix s'enferma dans Alésia pour fixer autour de lui les légions romaines et il envoya des émissaires dans toute la Gaule dans le but de réunir la plus formidable armée imaginable à cette époque. Le but du jeune chef arverne était de provoquer une ruée en masse, rapide comme la foudre, qui devait surprendre et tailler en pièces les ennemis de son pays. Si ce projet avait réussi, l'impérialisme-étatisme romain n'aurait pas subjugué l'Europe et n'aurait pas corrompu pour de nombreux siècles l'évolution de la civilisation occidentale.

           

            Mais, comme chacun sait, le projet échoua. Pourquoi ? Parce qu'au lieu d'agir énergiquement et vivement, comme la situation l'exigeait, les chefs de l'armée de secours perdirent plusieurs semaines en concertations, discussions, palabres, débats, tractations et compromis de toutes sortes et manquèrent le rendez-vous avec les assiégés. De ce fait, nos ancêtres les Gaulois, adorateurs des arbres et des sources, écologistes donc avant la lettre, perdirent leur indépendance et, avec elle, la philosophie naturaliste qui était la leur. 

            C'est ce qui fit écrire beaucoup plus tard à l'historien britannique Will Durant, dans son œuvre monumentale The Story of Civilization : "...Le siège d'Alésia eut pour conséquence de soumettre à une orientation radicalement transformée toute l'histoire de la civilisation française."  Et à travers elle, ajouterai-je, l'européenne.

           

            Eh bien je crains fort, Monsieur le Ministre, Madame la Secrétaire d'État, Mesdames et Messieurs les Délégués, que votre "Grenelle de l'environnement", tel que je le vois engagé, ne se termine en "Alésia de l'environnement". Faudrait-il admettre que notre peuple sera toujours incapable d'agir quand il le faut, et toujours enclin à noyer dans le bavardage les actions les plus nécessaires ? "Ceux qui ne comprennent pas le passé sont condamnés à le revivre", disait Goethe fort justement.

            En septembre 2002, à Johannesburg, au Sommet de la Terre organisé par les Nations Unies et réunissant plus de 100 Chefs d'État et de gouvernement ainsi que 22.000 délégués de 191 nations, Jacques Chirac, inspiré par Nicolas Hulot, s'écriait : "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs !".

            Après quoi on a beaucoup discuté.

            Cinq années ont passé sans que rien de décisif ne soit entrepris. Aujourd'hui, la maison est à moitié brûlée, et l'on discute encore.

            La banquise fond à toute allure. Et l'on discute...

            Les forêts tropicales disparaissent à toute vitesse. Et l'on discute...

            Les poisons chimiques follement dispersés dans la nature ont pénétré au cœur de toutes les espèces vivantes, hommes inclus. Et l'on discute...

            La production des spermatozoïdes humains a baissé de moitié en trente ans, ce qui est une terrible atteinte à la vitalité de notre espèce. Et l'on discute...

            Les terres cultivables épuisées et bombardées de pesticides et d'engrais voient leur production décliner en quantité, s'effondrer en qualité. Et l'on discute...

            Le cancer, le sida et toutes les maladies dégénératives explosent. Et l'on discute...

            Les maladies nosocomiales et iatrogènes, c'est-à-dire provoquées par la médecine elle-même, atteignent des proportions affolantes. Et l'on discute...

            Les enfants, plus vulnérables que les adultes, sont de plus en plus victimes des allergies, de l'asthme, de l'autisme, de la leucémie aiguë. Et l'on discute...

            Les incinérateurs diffusent dans l'atmosphère des dioxines aux effets neurotoxiques avérés qui se répandent au loin sur les herbages et les cultures et s'accumulent dans les matières grasses des viandes, des poissons, des produits laitiers. On en retrouve dans le cordon ombilical des nouveau-nés, le liquide amniotique, le lait maternel. Et l'on discute...

           

            Bref, la planète entière est corrompue à mort par une industrie chimique tombée aux mains de mégalomanes irresponsables et inconscients que les pouvoirs publics sont incapables de juguler et qui conduisent l'espèce humaine au suicide sous hypnose.

            Vous le savez tous. Et vous voulez encore discuter ?

            Mais discuter de quoi, sacrebleu ?

            De mesurettes totalement ineptes comme la réduction de la vitesse des véhicules de 10 kilomètres à l'heure, que personne ne respectera, un étiquetage des produits intégrant le coût environnemental, que personne ne lira, ou la création d'un "Collège environnement" au Conseil économique et social, que personne n'écoutera ?

            La maison brûle, et pour éteindre l'incendie, vous brandissez des pistolets à eau ?

            Vous voulez discuter, un peu plus sérieusement, de multiplier par trois la surface des cultures françaises en agriculture biologique à l'horizon 2010, et de la multiplier par dix à l'horizon 2020. 

            Quel horizon ? Il n'y a plus d'horizon ! Notre horizon est complètement ténébreux.

            En 2020, vos enfants et petits-enfants seront presque tous cancéreux. Vous-mêmes serez parkinsoniens ou alzheimeristes. Et franchement, à lire vos sujets de discussion, je me demande même si vous n'êtes pas déjà tous menacés par la sénilité précoce.

Mais bon sang, l'agriculture biologique, c'est-à-dire la seule qui puisse progressivement nous rendre la santé et préserver celle des générations futures, occupe aujourd'hui 2 % de la surface agricole française ! Et vous considérez comme des objectifs ambitieux qu'elle en occupe 6 % seulement en 2010 et 20 % en 2020 ? La dégradation de nos organismes a pris le TGV et vous prétendez la rattraper au train des limaces ?

            Si vous ne voulez pas que votre "Grenelle de l'environnement" devienne la plus honteuse défaite de la nation française, éclipsant Azincourt, Waterloo et Sedan réunis, il vous faut sonner la charge et adopter un calendrier offensif de décisions radicales qui révèlera au monde entier de quoi les Français sont capables lorsqu'ils se réveillent.

            Car, ne vous y trompez pas, c'est bien une guerre que vous avez à livrer. Une guerre implacable contre la sottise, l'aveuglement, la rapacité, la lâcheté et l'inertie. Et si vous voulez remporter la victoire, celle de l'intelligence, du courage et de la lucidité, il n'y a pas une semaine à perdre. De toute évidence, il convient :

            - D'orienter toute l'agriculture française vers le 100 % biologique, et cela en moins de cinq ans.

            - De couvrir de capteurs solaires les toits de tous les immeubles, l'Etat devant montrer l'exemple en équipant ainsi tous les bâtiments administratifs, écoles, hôpitaux, perceptions, etc., cela aussi en moins de cinq ans.

            - De mettre en œuvre toutes les productions possibles d'énergie renouvelable avec liberté complète pour les producteurs privés qui pourront le faire de vendre directement leur électricité aux consommateurs locaux, sans être obligés de passer par l'EDF, dont le monopole de distribution doit être aboli sans délai

            - De stopper au plus vite tous les incinérateurs et d'accélérer les solutions de remplacement pour la gestion des déchets (récupération et recyclage des déchets matériels, production de méthane avec les déchets organiques).

            - D'obtenir des industriels le zéro-pollution et l'organisation préliminaire à toute nouvelle production de la récupération et du recyclage de leurs produits usagés.

            - De refuser toute importation de produits étrangers dont les conditions de fabrication ne répondraient pas aux normes sanitaires et écologiques françaises, tant en ce qui concerne le produit fini que les conditions de travail de ceux qui le fabriquent.

            Cette liste est évidemment loin d'être exhaustive et ne recense que les quelques mesures les plus urgentes, à prendre toutes affaires cessantes.

            J'en ajouterai une encore, la plus importante et la plus décisive de toutes, mais qui est recouverte d'un véritable tabou, y compris chez les écologistes les plus convaincus : Il est indispensable de stopper sur toute la planète l'explosion démographique en cours.

            Je m'étonne et me scandalise que personne ne veuille s'avouer que la cause première de toutes les dégradations de l'environnement que nous subissons n'est autre que la prolifération démentielle des humains sur notre planète de plus en plus exigûe. Si la multiplication des hommes n'est pas stoppée net, il est inutile de rêver à une quelconque sauvegarde de la nature et de notre santé, car nous périrons tous, détruits par nos maladies, asphyxiés par nos miasmes, enlisés dans nos ordures.

           

            J'entends avec effarement prononcer des vœux pieux concernant la diminution des gaz à effet de serre (leur effet polluant étant d'ailleurs le plus inquiétant). Or, nul ne peut ignorer que les pays émergents, notamment la Chine et l'Inde, non seulement ne parviennent pas à réduire leur natalité, mais visent en outre à hausser leur niveau de vie individuel, ce qui est parfaitement légitime, mais se traduit immanquablement par une multiplication du nombre des automobiles et autres appareils dévoreurs d'énergie, donc une augmentation constante et irrémédiable des gaz polluants dans l'atmosphère. Dans ces conditions, seuls d'indécrottables utopistes peuvent s'imaginer qu'ils vont pouvoir diminuer si peu que ce soit les émissions de gaz polluants et la destruction des forêts primaires, si les pays asiatiques, africains et sud-américains n'organisent pas en moins de cinq ans la réduction drastique de leur natalité, à l'exemple des pays développés d'Europe et d'Amérique du Nord. Et il convient pour cela, en premier lieu, que les chefs religieux de toutes obédiences les y incitent, abandonnent leur vision archaïque et désormais collectivement suicidaire de la reproduction humaine et rendent aux femmes la propriété de leur corps.

            J'aimerais que les hommes politiques ne soient plus intimidés par des organisations religieuses qui prétendent être en relation directe avec le Ciel, mais qui semblent fâcheusement déconnectées des réalités de la Terre. Je voudrais qu'un Chef d'État – pourquoi pas le nôtre ? – prenne l'initiative d'une conférence mondiale des religions qui aurait pour but d'examiner, en écoutant des sociologues et des prévisionnistes, si la prolifération continue des humains est vraiment de nature à servir ce qu'elles nomment « l'œuvre du Créateur » ou si, au contraire, cette natalité sans frein n'est pas l'agent sournois d'une destructivité diabolique qu'il convient de juguler.

            Je le répète : nous n'avons pas cinquante ans, ni vingt ans, ni même dix ans devant nous pour sauvegarder l'avenir de notre espèce. C'est en moins de cinq ans qu'il nous faut redresser la barre du Titanic planétaire, sinon notre civilisation connaîtra le sort du présomptueux paquebot, inéluctablement, et sombrera corps et biens.

            J'entends dire, ici et là, que le coût d'une révolution écologiste rapide serait difficilement supportable par l'économie française, dans l'état précaire où elle se trouve actuellement. Outre que je n'ai jamais entendu quelqu'un oser dire à des pompiers au feu que l'eau coûtait cher, j'affirme qu'une politique écologiste audacieuse et résolue serait rentable à moyen terme. Elle le serait d'abord politiquement, en offrant à la France un rôle de premier plan sur la scène mondiale et en donnant aux Français eux-mêmes le sentiment gratifiant et revigorant de se trouver enfin de nouveau à la tête du véritable progrès. Mais elle le serait aussi économiquement, d'abord en produisant de la santé et de la vigueur pour tous, donc en réduisant les dépenses médicales de plus en plus exorbitantes, qui sont un véritable boulet aux pieds de notre nation, ensuite en offrant aux touristes du monde entier des raisons supplémentaires de visiter le premier pays au monde à offrir un air sain, des eaux propres et une nourriture parfaitement naturelle grâce à une agriculture en totalité biologique.

            En 1777, La Fayette s'embarqua pour l'Amérique du Nord, afin de prêter main-forte aux "insurgents". Celui qu'on appela "le héros des deux mondes" eut une part décisive dans la naissance des Etats-Unis, avant de revenir chez nous participer à la Révolution française. C'est ainsi qu'à la fin du dix-huitième siècle, les Etats-Unis et la France accouchèrent conjointement de la démocratie moderne, inaugurant une ère nouvelle pour toute l'humanité. Cet accouchement se fit, hélas, dans la douleur, puisque les hommes ne semblent pas capables de changer le monde sans l'ensanglanter. Peut-être sommes-nous en droit d'espérer qu'en ce début de XXIe siècle les réformes se fassent avec moins de brutalité. En tout cas, aujourd'hui, c'est encore l'ouverture d'une ère nouvelle que le monde attend. Une ère nouvelle pour la sauvegarde de la nature nourricière à laquelle l'agressivité technologique des hommes a porté gravement atteinte. Et c'est peut-être, encore, la France et les Etats-Unis qui pourraient ouvrir ensemble ce nouveau chapitre de l'histoire mondiale.

                       

            Aussi me suis-je pris à rêver qu'à l'issue d'un triomphal "Grenelle de l'environnement" qui aurait su vous unir tous dans une farouche résolution de changer le monde par des mesures vraiment révolutionnaires, dans l'esprit sinon dans la forme, M. le Ministre Jean-Louis Borloo, tel un nouveau La Fayette, s'embarque vers les Etats-Unis afin de décider nos amis américains à entreprendre avec nous la rénovation radicale de notre berceau planétaire. Car s'il est vrai que l'administration américaine actuelle s'est montrée pour le moins réticente à prendre en compte les destructions gravissimes de notre environnement causées par le développement mal maîtrisé de nos industries, il n'en existe pas moins dans l'opinion publique américaine, et en tout cas dans beaucoup de grandes villes, une réelle adhésion aux préoccupations écologistes. Une forte implication du peuple français et de son gouvernement pourrait être de nature à décider les Etats-Unis à prendre à nos côtés la tête du mouvement écologiste mondial, comme l'a souhaité opportunément le Président Sarkozy.

            Dans l'espoir que ce message sera entendu, et que les décisions prises par la France seront à la hauteur des enjeux et des urgences, je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, Madame la Secrétaire d'État, Mesdames et Messieurs les Délégués, mes encouragements les plus chaleureux.

Pierre LANCE*

pierre.lance@wanadoo.fr

 (Site Internet : http://assoc.wanadoo.fr/lerenouvelle/pub)

*auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont un roman d'anticipation écologiste (« Le Premier Président » - Filipacchi, 1993) qui situait en 2004 la montée des périls

           

           

Traduction et reproduction autorisées par tous moyens de communication.   


Article ajouté le 2007-10-26 , consulté 220 fois

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