brève histoire des nécrotechnologies: du vivant gratuit aux ogm brevetés.
Rendez-vous compte !... Ça date du 2 décembre 1999... Presque huit ansdéjà... Et ça n’a rien perdu de son intérêt crucial ni de sa cruelle et
redoutable modernité !... (M.B.)
vu sur http://www.altermonde-levillage.com/spip.php?article11212
Nous vous présentons le compte-rendu de la partie exposé de la soirée du
2 décembre 1999 du Cercle Gramsci, avec Jean-Pierre Berlan (environ 150
personnes), coorganisée avec la Confédération paysanne. Puis en seconde
partie le débat qui a suivi.
Je voudrais remercier l’O. M. C. sous l’égide de laquelle se déroule
cette conférence, puisque vous savez qu’aujourd’hui ces braves gens ont
discuté des O.G.M [1] et qu’ils ont dû discuter aussi des ADPIC [2]. Ces
gens-là s’occupent de nous de très près. Nous allons nous occuper de
nous-même ce soir, essayer d’expliquer ce en quoi consistent les O. G.
M, cette agriculture transgénique que l’on nous présente comme la seule
solution pour nourrir l’humanité en respectant l’environnement. C’est ce
qu’on appelle la propagande du complexe génético-industriel.
On est face à un appareil de propagande qui va avoir tendance à
minimiser les risques et à surestimer les avantages à long terme.
Pour comprendre ce dont il s’agit il ne faut évidemment pas se tourner
vers l’avenir. Les plus honnêtes diront que les nouvelles technologies
présentent des risques mais que les avantages sont tellement
considérables que ca vaut le coup de courir ces risques. Souvent,
l’exemple que l’on donne, c’est au 19ème siècle le début du chemin de
fer : on croyait que la trop grande vitesse des trains se traduirait par
des troubles mentaux très graves chez les gens et comme ça ne s’est pas
produit, les craintes que nous avons à propos des O.G.M sont des
craintes irrationnelles et émotionnelles. C’est un discours
réactionnaire voulant faire passer pour irrationnels ceux qui résistent
aux pseudo progrès techniques proposés par notre société. Nous allons
plutôt nous retourner vers le passé et essayer de comprendre les O.G.M
et leurs buts ainsi que l’agriculture transgénique non pas comme un
futur extraordinaire mais plutôt comme le résultat d’un processus
historique. Les O. G. M et l’agriculture transgénique ne sont qu’une
mystification apparue vers le milieu du 19ème siècle, dès que l’hérédité
est apparue comme un enjeu d’importance économique. A propos des risques
: il y a déjà eu des morts avec les produits transgéniques : c’est
l’affaire du tryptophane-L qu’une entreprise japonaise s’est mise à
produire dans les années 80 par recombinaison génétique. Ils ont utilisé
une bactérie, un bacille. Ils lui ont injecté des gènes permettant de
produire cet acide aminé, le tryptophane-L, utilisé en médecine
naturelle parce que c’est un précurseur de la sérotonine, une hormone
favorisant l’endormissement. Le tryptophane était utilisé depuis
longtemps. Cette firme s’est mis dans le crâne de le produire par
recombinaison génétique. En même temps qu’elle changeait de mode de
production, elle a supprimé deux étapes de filtration. Ce produit a été
mis sur le marché américain en 1989, et en 1990 on a constaté
l’apparition d’une nouvelle maladie, appelée syndrome de la myalgie
éosinophile, qui se traduit par des troubles mentaux, neurologiques
graves, en particulier des problèmes cutanés, des maladies auto-immunes.
Cette maladie a provoqué des morts, 37 officiellement, on a arrêté de
les compter officiellement en 1991. Et 400 personnes ont été invalidées
gravement, certaines paralysées à vie par ce tryptophane-L.
Les autorités américaines ont cherché dès l’apparition de cette maladie
quelle pouvait en être la cause. Elles ont fini par l’identifier. Cette
identification a été retardée car la firme japonaise n’avait pas signalé
qu’elle avait modifié son processus de fabrication. Toujours est-il que
l’entreprise responsable a aidé à payer deux milliards de dollars
d’indemnités aux personnes qui avaient été invalidées. D’autre part la
firme japonaise a toujours refusé de collaborer avec les autorités
sanitaires américaines et le laboratoire où étaient stockées les
bactéries recombinantes a opportunément pris feu. On ne saura jamais le
fin fond de l’affaire. Cet épisode montre qu’il y a déjà des risques, et
il existe d’autres cas où des problèmes ont été évités de justesse. Tous
ces projets de recherche à but transgénique présentent des risques et ne
servent pas à grand chose, et même à rien. Pourquoi courir des risques
si ca ne sert à rien ? Mais si on reste sur ce problème de Risque/
Bénéfice on est face à un appareil de propagande qui va avoir tendance à
minimiser les risques et à surestimer les avantages à long terme. Ils
disent : on va faire des maïs qui vont pousser dans les zones arides. Un
jour lors d’une conférence quelqu’un est revenu à deux reprises sur
cette possibilité de faire des maïs poussant dans des zones arides. J’ai
répondu : « un maïs poussant dans des zones arides s’appelle un cactus
»... Il y a beaucoup à dire sur les illusions qui entourent ce genre de
promesses qui ont tendance à se multiplier depuis une dizaine ou une
quinzaine d’années. On veut nous faire prendre des vessies pour des
lanternes. On va se tourner vers le passé après vous avoir lu un article
du mois d’octobre paru dans le Gardian Weekly et qui s’intitule «
Comment l’attitude de Monsanto a été changée ».
Vous savez que cette firme est la plus grande entreprise de
biotechnologie, elle représente environ 80% des Organismes Génétiquement
Modifiés vendus dans le monde. En sous titre de cet article : « un homme
a convaincu le géant américain que nos gènes Terminator étaient une
technologie devenue folle ». Le gène Terminator, permet de fabriquer des
plantes sur lesquelles vous allez récolter un grain stérile. L’homme qui
a convaincu Monsanto, c’est le Président de la Fondation Rockfeller, ce
qui pose un problème : pourquoi la fondation Rockfeller est-elle en
train de s’occuper de questions qui concernent des intérêts privés ? Cet
article du Guardian, qui est pourtant un journal de centre gauche, est
typiquement destiné à désinformer et à mystifier la réalité. Nous allons
voir à l’instant que Terminator n’est pas une technologie devenue folle,
mais que c’est le plus grand triomphe de la biologie. C’est enfin la
réalisation dans le vivant du projet d’économie politique de notre
société. Et là il s’agit de mystifier la réalité en vous disant que
c’est une technologie devenue folle. Non, l’hérédité est devenue en
elle-même un enjeu économique.
Pour comprendre il faut partir d’un principe économique dont jamais
personne n’a remis en cause l’universelle validité et qui devrait me
valoir personnellement un prix d’économie prochainement, à savoir qu’on
ne peut vendre à quiconque ce qu’il produit ou ce dont il dispose déjà à
satiété. Ca veut dire qu’un semencier ne peut pas vendre de « semences »
- et on verra pourquoi le terme semences est entre guillemets - tant que
le paysan récolte un grain qui est aussi la semence de l’année suivante.
Là, ca commence à être embêtant... Ca veut dire qu’un semencier n’a pas
de marché tant que le grain que récolte le paysan est aussi la semence
de l’année suivante. Ca veut dire que l’objectif du semencier, la
condition sine qua none de son existence, c’est d’interdire au paysan de
mettre le grain de côté. Et vous voyez pourquoi Terminator est le point
d’aboutissement, le plus grand triomphe de la biologie moderne. En effet
Terminator réalise cet objectif : le but du semencier est de faire des
plantes et des animaux qui sont stériles. Autrement dit, il y a une
incompatibilité entre l’économie politique de notre société qui veut que
le capital investisse, se reproduise et se multiplie et le vivant. Pour
que le capital puisse se reproduire et se multiplier, il faut que le
vivant ne puisse pas le faire. En d’autres termes on va vers l’économie
politique. Tant que les plantes et les animaux se reproduisent dans le
champ du paysan, bien sûr le capital investi ne peut ni se reproduire ni
encore moins se multiplier sur le bilan du sélectionneur. Nous vivons
dans une société qui est mortifère à l’égard du vivant puisque
l’objectif de cette société est de confisquer le vivant ; pour
confisquer le vivant il faut le rendre stérile et là il y a aussi un
autre aspect des choses, c’est le renversement sémantique (constant dans
notre société) ainsi que le renversement de la réalité, c’est à dire que
les entreprises, dont l’objectif est de faire un bilan, s’appellent des
entreprises de sciences de la vie. Maintenant il faut pousser l’analyse
et comprendre le terme « semences » parce que ce terme est une véritable
mystification. Il suffit d’ouvrir n’importe quel bouquin sur
l’amélioration des plantes, pour comprendre que le plus grand triomphe
de la biologie moderne a été de réduire le vivant à l’unidimension d’une
information - au sens de qui donne forme - d’un programme, d’un logiciel
génétique. Nous allons prendre au sérieux cette métaphore. Sélectionner,
c’est créer un nouveau logiciel et produire, en agriculture, c’est
reproduire et multiplier ce logiciel, c’est à dire le copier ! Un
logiciel que tout le monde peut copier n’a aucune valeur au sens de
l’économie politique, c’est à dire qu’il n’est pas source de profit. Ce
qui intéresse ces gens là, c’est au fond de bricoler la double hélice
[3] de telle façon qu’elle ne puisse pas se répliquer.
Nous vivons dans une société qui est mortifère à l’égard du vivant
puisque l’objectif de cette société est de confisquer le vivant.
Lorsque l’agriculteur achète des variétés hybrides, (variétés qu’il ne
peut pas reproduire), il n’achète non pas des semences mais un logiciel.
Ce logiciel lui coûte la peau des fesses. Alors l’objectif, c’est de
faire des logiciels que l’on ne peut pas reproduire, c’est à dire des
logiciels du vivant, des plantes et des animaux qui sont en quelque
sorte stériles. Comment atteindre cet objectif ? Il y a deux méthodes
qui sont envisagées au 19ème siècle.
La voie légale : interdire à l’agriculteur de semer les grains récoltés
pour faire en sorte que seul le sélectionneur ou le semencier puisse
vendre des semences. C’est une forme de stérilisation légale. Pour des
raisons politiques évidentes, cette stérilisation légale est impossible.
Lorsque les semenciers s’adressent aux juristes au 19ème siècle pour
leur dire "faites-nous un brevet là dessus" les juristes leur disent "
mais vous pensez bien qu’on va pas se lancer sur ce terrain là !". Les
juristes ont trouvé un prétexte juridique pour dire ce n’est pas
possible. Pourquoi ? Parce que les paysans étaient très nombreux, les
entreprises de semences étant toutes petites, et le vivant étant sacré.
A partir de 1892-1893, très précisément lorsqu’on a fait la première
manipulation génétique, le vivant perd tout caractère sacré puisque
manipulable, à des fins de profit, et l’agriculture et les paysanneries
sont en voie de disparition. Cette disparition ne fait que s’accélérer
au cours du temps et maintenant les firmes agrochimiques ont pris le
contrôle du marché des semences. En effet quand on parle de semencier,
d’agriculture transgénique, d’agriculture à OGM, on parle de cinq
firmes, pour l’instant, Monsanto, Pioneer-Vuitton,
Avantis-Rhône-Poulenc-Agrevo et Hoetsch et Astra-Zenetton et Novartis.
Ces cinq firmes dominent le marché des semences mondiales. Qui veut
confier sa nourriture, son alimentation et l’agriculture à cinq firmes ?
Le problème, est politique. Il était politiquement exclu de privatiser
le vivant et de la même façon le fait que les animaux et les plantes se
reproduisent et se multiplient, c’est le plus grand malheur qui puisse
lui arriver, que l’agriculteur, c’est son ennemi, parce que pour lui
c’est un pirate, que se nourrir est un acte de recel. Il faut mystifier
la réalité, parce qu’elle est trop gênante ; quand il s’agit de
confisquer un bien commun de l’humanité, il faut le confisquer sans que
personne ne s’en aperçoive.
De la même façon la voie biologique se heurte au même problème. Puisque
la voie légale était exclue, la seule solution c’était la voie
biologique. Elle est mise en œuvre dès la deuxième moitié du 19ème
siècle lorsque les premiers sélectionneurs professionnels fabriquent des
variétés se détériorant dans le champ du paysan. Ce qui est assez drôle
dans l’affaire, c’est la technique mise en œuvre à ce moment là une
technique dite de sélection continue et est tout à fait conforme au
point de vue scientifique. A l’époque, conforme aux principes
darwiniens. Vous savez que pour Darwin quand la pression sélective
cesse, les plantes ou les animaux ont tendance à revenir à une forme
d’état naturel. Vous voyez comment on peut utiliser la meilleure science
de cette époque-là le darwinisme pour justifier, en réalité, cette
technique selon laquelle il faut sélectionner continuellement les
plantes car si on arrête la sélection il y a détérioration dans le champ
du paysan. Ce qui est intéressant de savoir c’est qu’en 1892 on va
redécouvrir que tout cela était faux. Au début du siècle, on pratique
une méthode de sélection dite par isolement, c’est à dire que l’on
sélectionne une fois pour toutes et que les plantes conservent leurs
caractéristiques. A partir de 1860 il faut sélectionner de façon
continue, mais on va s’apercevoir que ca c’est complètement bidon,
expérimentalement à partir de 1892 et théoriquement à partir de 1903.
La science intervient en tant qu’instance de mystification, pour quelles
raisons ? On ne sait pratiquement rien, les connaissances que l’on a
sont extrêmement fragiles. Par conséquent on peut avancer n’importe
quelle théorie conforme à ses intérêts sans risquer d’être détrompés. La
science se caractérise par le fait qu’on ne sait pas. C’est absurde de
demander à des scientifiques de se prononcer alors qu’ils ne savent pas.
L’exemple le plus parfait de cette situation c’est l’exemple du prion et
de la vache folle ; personne n’en sait rien et si vraiment ce sont des
protéines qui s’autorépliquent qui sont responsables du prion, on mettra
quarante ou cinquante ans pour débrouiller ce problème là. La seule
chose à faire c’est en effet d’empêcher au maximum les risques, c’est le
principe de précaution qui s’impose avec une très grande force. On est
dans le cas d’une situation d’une activité scientifique où, sur le plan
de la biologie, les biologistes de l’hérédité vont être confrontés à une
situation parfaitement schizophrénique c’est à dire en réalité
confisquer le vivant en se donnant l’impression qu’ils font tout autre
chose. C’est à dire en mystifiant la réalité. Par contre les
sélectionneurs qui veulent faire de l’argent s’aperçoivent dès la
première minute qu’ils ne peuvent pas vendre de semences tant que le
grain que récolte l’agriculteur est aussi la semence de l’année
suivante. Ce qui est stupéfiant dans notre société c’est qu’il ne semble
pas que l’on ait réfléchi à cette dimension là dans le domaine de la
science et qu’au contraire les scientifiques se sont soigneusement
abstenus de réfléchir à cette contradiction.
Simplement pour vous montrer que les sélectionneurs ont parfaitement
conscience de cela et que parfois ils l’écrivent. Voici un texte
provenant de l’American goodyears magazine, c’est à dire la revue des
sélectionneurs américains. Ce texte qui date de 1910 présente les grands
sélectionneurs, non seulement américains, mais aussi anglais ou français
comme Vilmorin. Et là c’est un texte qui présente Ephraïm Buhl qui avait
créé une variété de raisin qui s’appelle Concorde dont nous dit ce texte
« Concorde est cultivée dans des milliers de vignobles partout où la
vigne pousse, le travail de ce Monsieur, Ephraïm Buhl, a aujourd’hui
autant de valeur que le jour où il a offert au monde sa première
vigne-mère qui prospère jusqu’à ce jour Concorde, Masasuchetts a
multiplié sa puissance des millions de fois sans perdre un iota de ses
nombreuses qualités qui en ont fait la valeur. Ephraïm Buhl est mort
dans la pauvreté à l’âge de 89 ans et les passants peuvent lire sur sa
pierre tombale toute simple l’épitaphe suivante : "Il sema, d’autres
récoltèrent". Donc Novartis, Monsanto, Rhône-Poulenc etc. vont tout
faire pour que ce qu’ils essayent de semer ils le récoltent au centuple.
Nous somment entrés, maintenant nous dit-on dans l’ère « biotech » Elle
se caractérise par le fait qu’il existe toute une gamme de méthodes qui
permettent d’obtenir ce résultat brillant. Le brevet, c’est ce qui est
en train de se discuter à Seattle et la commission européenne avec la
directive 9844. Il y a deux formes mineures de stérilité La stérilité
réglementaire c’est lorsque la commission européenne exige que les
agriculteurs qui veulent produire du blé dur achètent les semences
certifiées. On ne peut produire du blé dur que si on achète des semences
commerciales. Ca a fait un tollé. La commission est revenue en arrière,
"vous n’avez qu’a mélanger une part de semences commerciales avec une
part de semences de ferme".
Ou les semences commerciales servent à quelque chose et il faut en
imposer l’usage, ou bien elles ne servent à rien et vous laisser les
agriculteurs libres de faire ce qu’ils ont envie de faire. Derrière ça
c’est toujours la même idée, c’est faire un cadeau, créer un marché pour
les entreprises multinationales qui veulent entrer dans ce secteur. Et
si vous n’y prenez pas garde vous verrez que la commission européenne
vous demandera de mélanger une part de yaourt commercial avec deux parts
de yaourt maison quand vous voudrez préparer vos yaourts à la maison.
Alors nous allons étudier les différents modèles de stérilité. Tout
d’abord les hybrides, ce sont des plantes qui ont cette particularité,
quand l’agriculteur sème le grain qu’il a récolté, le rendement
s’effondre, il faut racheter des semences chaque année, comme par
hasard. Pour traiter cette question là, 3 points :
* la technique de l’isolement,
* les hybrides sont ils vraiment hybrides ?
* que sont ils vraiment ?
Quelles en sont les conséquences ?
"Il sema, d’autres récoltèrent"
La technique de l’isolement est inventée au début du 19ème siècle par
des gentilshommes agriculteurs anglais. Ces gens là constatent que leurs
céréales, le blé, l’orge, l’avoine « breed true » se reproduisent à
l’identique d’une génération à la suivante pour peu que l’on ait démarré
à partir d’un seul grain ou d’un seul épi. Ils n’ont pas d’explication,
mais une simple observation empirique. A partir de ce constat pour
passer à une technique d’amélioration des plantes c’est très simple,
vous allez isoler différentes plantes qui vous semblent intéressantes
dans un champ - puisque un champ c’est un mélange de différentes plantes
- vous allez les reproduire et les multiplier individuellement, les
tester et si vous en trouvez une qui est meilleure que la moyenne de la
population. Vous allez remplacer cette population par la meilleure des
plantes que vous avez pu isoler. Pour prendre une image ici, supposez
que je puisse définir un type humain qui me semble tout à fait favorable
et intéressant, que je sache le cloner, je vous remplacerai tous par cet
individu cloné. Cette technique de l’isolement exige deux choses : d’une
part qu’il y ait de la variabilité et d’autre part que cette variabilité
soit fixée, c’est à dire qu’on sache reproduire un modèle de plante à
volonté.
Si je sais faire ça, je peux toujours remplacer un mélange par la
meilleure des plantes ou le meilleur individu que je vais trouver à
l’intérieur de ce mélange. Cette technique de l’isolement va être
remplacée vers 1860 par la technique de l’amélioration continue qui ne
repose sur rien. Deuxième point, les hybrides sont ils hybrides ? Il
faut savoir que le maïs se présente comme une plante dont la fleur mâle
est au sommet de l’épi, la fleur femelle est sur l’épi. C’est à dire que
le pollen, au moment de la fertilisation, est transporté par le vent et
les insectes jusqu’à plusieurs centaines de mètres aux alentours. Ce
pollen va féconder les autres plantes du champ. Le maïs est une plante à
fécondation croisée. Toute plante de maïs est un hybride. Ce qu’on vend
sous le terme hybride, c’est tout simplement une plante de maïs tout à
fait naturelle qui n’est ni plus ni moins hybride que n’importe quelle
plante que l’on tire d’une population naturelle de maïs, par conséquent
les hybrides ne sont pas hybrides, ce n’est pas cela leur
caractéristique. La caractéristique de ce qu’on appelle un hybride,
c’est d’être reproductible à volonté par le sélectionneur et par lui
seul. Pour quelles raisons ?
Il faut savoir que chez le maïs on peut faire une opération qui
s’appelle l’autofécondation. D’une manière générale chez tous les
organismes à fécondation croisée, lorsque vous faites de la
consanguinité c’est à dire que lorsque vous apparentez des organismes
qui ont une hérédité commune il se produit un phénomène qui s’appelle le
phénomène de dépression consanguine c’est à dire que l’organisme perd de
sa vigueur. Chez les mammifères, par exemple les croisements frères
soeurs, ce n’est pas bon. Chez le maïs, vous pouvez faire une forme
drastique de consanguinité qui est l’autofécondation qui consiste à
ensacher la fleur mâle en haut de l’épi, ensacher la fleur femelle sur
l’épi et transporter le pollen de la fleur mâle sur la fleur femelle. La
conséquence est une dépression consanguine drastique, le maïs perd de sa
vigueur et vous voyez que la perte de vigueur est maximale à la première
génération d’autofécondation. Alors une fois que vous avez compris cela
vous êtes prêts à comprendre comment on a mystifié la réalité. Qu’est ce
qui se passe dans un champ de maïs dit hybride ? Toutes les plantes sont
identiques puisque c’est la technique de l’isolement. Maintenant essayez
d’imaginer ce champ de maïs au moment de la pollinisation, il va y avoir
pollinisation croisée, les plantes vont se féconder les unes les autres,
mais comme elles sont toutes identiques c’est exactement comme si l’on
avait fait l’opération titanesque consistant à ensacher chaque fleur
femelle et chaque fleur mâle de chaque plante et à transporter le pollen
de la fleur mâle sur la fleur femelle. La génération suivante va
souffrir de dépression consanguine, l’agriculteur ne pourra pas la
re-semer. C’était l’objectif poursuivi.
Alors vous voyez bien que la technique des hybrides c’est la technique
de l’isolement utilisée pour des espèces à fécondation croisée pour
tirer parti de ce phénomène de dépression consanguine qui fait qu’il y
aura autofécondation dans le champ du paysan et que le paysan ne pourra
pas semer le grain récolté. Voilà on utilise la dépression consanguine
pour stériliser le maïs, c’est ca l’objectif de la politique.
Evidemment, vous ne pouvez pas raconter la vérité. Vous n’allez pas
clamer sur les toits que vous voulez absolument empêcher l’agriculteur
de semer le grain récolté.
Monsanto a le racket égalitaire.
Alors à partir de 1914, (la technique a été inventée en 1908), on
commence à monter un bobard Les biologistes ont inventé un phénomène
biologique mystérieux qui entre parenthèses est toujours inexpliqué et
inexplicable, une sorte de yéti qu’on appelle l’hétérosis, l’inverse de
la dépression consanguine pour améliorer le maïs. Vous voyez le
renversement dialectique des choses. Au lieu de dire que l’on utilisait
la dépression consanguine pour stériliser le maïs, on a dit que l’on
utilisait son contraire, que l’on a baptisé l’hétérosis, pour
l’améliorer. Et ca fait quatre vingt ans qu’en toute bonne fois et à
leur insu les sélectionneurs et généticiens s’efforcent d’expliquer ce
phénomène mystérieux dont on n’a jamais eu la preuve. Il existe de la
vigueur hybride certes, mais la vigueur hybride, il ne faut pas la
confondre avec l’hétérosis.
Terminator, c’est le triomphe de la biologie moderne. C’est une
technique qui est fondée sur les mêmes principes que les mines
antipersonnel, c’est la mine antipersonnel du vivant. C’est une
technologie qui mérite le terme de nécrotechnologie. C’est l’objectif
qui a constamment et historiquement été recherché. C’est l’objectif
nécessaire de l’économie politique de notre société face au vivant.
Les méthodes contractuelles et les méthodes de stérilisation par le brevet
Voici une menace qui est sortie au début de l’année 1998 dans la presse
américaine publiée par Monsanto. Monsanto n’a pas publié cela dans sa
campagne, en mai et juin 1998 où il s’agissait de nous persuader de
l’intérêt colossal des biotechnologies, que cela allait résoudre les
problèmes de la faim dans le monde, de l’écologie, etc. C’était au
moment de la mascarade de la commission soit- disant citoyenne sur les
OGM. On n’a pas porté à la connaissance du public français cette menace,
qui vous dit comment des semences « biotech » piratées peuvent coûter
plus de 1200 dollars par hectare au paysan. Puisque Monsanto ne l’a pas
fait, je vais compléter cette information qui manquait. J’ai traduit le
texte de Monsanto. Il s’agit de semences de soja Roundup tolérantes à
l’herbicide de Monsanto Roundup. Alors, Monsanto nous dit que : «
Lorsqu’un agriculteur conserve et replante des semences "biotech"
brevetées de Monsanto il doit comprendre que ce qu’il fait est mal ».
Je vous signale que l’agriculture a commencé lorsque justement on a mis
de côté une partie du grain. Il y a 10.000 ans, des femmes,
probablement, ont mis de côté une partie du grain pour le semer l’année
suivante. Il commet un acte de piraterie, même s’il n’a pas signé
d’accord au moment où il a acquis les semences. En effet Monsanto, par
des campagnes de publicité agressives visant à faire croire que ce soja
Roundup était un véritable miracle a réussi à vendre ses semences mais
l’agriculteur qui veut acheter ces semences doit signer un contrat qui
l’engage à ne pas re-semer le grain qu’il a récolté.
Le soja est une plante qui se reproduit identique à elle même, donc pour
l’agriculteur rien ne serait plus simple que de re-semer des grains
qu’il a récolté et que vous dit ce texte : l’agriculteur a pu se
procurer des semences par d’autres moyens qu’un achat auprès de
Monsanto. Par exemple, comme c’est toujours le cas, les agriculteurs
échangent leurs semences. Ce n’est plus possible parce que les semences
sont brevetées et à l’heure actuelle il y a 450 agriculteurs américains
qui sont traduits devant les tribunaux par Monsanto. Je lis la suite : «
arrêter le piratage des semences permet de mettre chaque agriculteur à
égalité » ; comme vous le voyez, Monsanto a le racket égalitaire. Quel
est le projet politique derrière tout cela : c’est un projet politique
dément qui veut faire des paysans du monde entier des pirates et des
citoyens, des receleurs. De quoi s’agit-il ? Il s’agit de créer un
privilège pour cinq transnationales. Pourquoi un tel privilège est-il
complètement inefficace ? C’est une vieille tradition de l’économie
politique. Depuis Adam Smith on sait que tout privilège est une forme
particulièrement inefficace d’organiser la société. Et pour le
comprendre on peut utiliser la métaphore suivante empruntée à Frédéric
Bastiat, grand pourfendeur du libéralisme : « Le soleil brille, c’est
malheureux pour les marchands de chandelle, mais il ne viendrait à
l’idée de personne de nous forcer à condamner nos portes et fenêtres
pour permettre aux marchands de chandelle de lutter contre la
concurrence déloyale du soleil ».
En général les êtres vivants se reproduisent et se multiplient. Quelles
sont les conséquences d’un tel privilège ? Il menace les libertés
individuelles. Parce que dans la mesure où vous créez un tel privilège
vous créez une injustice qui est ressentie comme telle. Je pense
qu’aucun agriculteur normalement constitué ne peut admettre qu’on lui
interdise de se mettre des grains de côté. C’est fondateur de notre
civilisation. Donc il y aura du piratage pour utiliser une expression de
Monsanto. S’il y a du piratage, il faut mettre en place les moyens de
lutter contre les pirates et cela veut dire dans le cas américain avoir
recours aux détectives privés de Pinkerton, vieille tradition en matière
de répression ouvrière, c’est ce que l’on appelle la mondialisation. Ou
bien comme le fait Monsanto aux Etats Unis, ouvrir des lignes
téléphoniques gratuites incitant les agriculteurs à dénoncer leurs
voisins pirates. Si nous voulons d’une société de délation, il faut
continuer.
Troisième point, la variabilité génétique est un bien commun de
l’humanité. Et elle a été crée par les hommes et la nature, par les
paysans. C’est le produit de l’activité humaine en particulier des
paysanneries du tiers monde. C’est scandaleux que ce soient les
Etats-Unis qui soient en train de mener la bataille pour la
brevetabilité des êtres vivants parce qu’il faut savoir que les
Etats-Unis sont un pays dont toute l’agriculture a été importée. La
seule plante d’origine d’Amérique du nord est le tournesol, le seul
animal que les Etats-Unis nous ont donné, c’est la dinde. Toute cette
agriculture a été importée, ils ont vraiment utilisé les ressources
génétiques du monde entier. Un homme comme Thomas Jefferson lorsqu’il
était en Europe a risqué la peine de mort en Italie quand il a volé en
contrebande des semences de riz pour les introduire aux Etats-Unis.Tous
les officiers de marine américains et les consuls américains à
l’étranger avaient pour mission d’envoyer, de collecter des semences de
variété différentes autant qu’il le pouvaient et de les envoyer dans
leur pays. Toute cette agriculture, y compris les animaux, est
totalement fondée sur des ressources génétiques venues du monde entier.
Et maintenant les USA veulent au nom de la protection de leur
technologie pouvoir breveter tout cela. On devrait exiger que les
Etats-Unis maintenant remboursent leur dette génétique au monde et on
devrait le faire en exigeant que ces technologies soient mises
gratuitement à la disposition du monde entier.
La recherche publique internationale ce n’est pas le libre échange mais
c’est l’échange libre des connaissances et des ressources génétiques,
c’est le partage, c’est la coopération internationale qui ont permis ce
succès.
Le dernier point dont je vais traiter c’est l’aspect de la libre
circulation des connaissances et des ressources génétiques. Je vais
prendre l’exemple de la révolution verte. Vous savez que dans les pays
développés les rendements des principales cultures ont été multipliés
par cinq en l’espace de 50 ans, et qu’il avait fallu près de 10 siècles
pour qu’il double. Cela s’explique par la libre circulation des
ressources génétiques et des connaissances, et leur partage. La
révolution verte commence en 1946 quand un agronome américain, Salmon,
qui fait partie des troupes d’occupation au Japon constate que les
japonais cultivent des variétés de blé à paille courte qui sont
cultivées depuis longtemps. Salmon envoie ces variétés à la station de
Pullman où elles sont croisées avec des variétés américaines. Ensuite ce
matériel est envoyé de Pullman à Norman Borlo à Mexico et à partir de là
les variétés à paille courte vont se diffuser dans le monde entier. Le
Mexique va devenir exportateur de blé grâce aux variétés à pailles
courtes de Norman Borlo qui sont également insensibles au
photopériodisme. Tout ceci a été lié a la recherche publique
internationale qui malheureusement est en voie de privatisation à
l’heure actuelle. La recherche publique internationale ce n’est pas le
libre échange mais c’est l’échange libre des connaissances et des
ressources génétiques, c’est le partage, c’est la coopération
internationale qui ont permis ce succès. Je voudrais dire que la même
opération va être faite un peu plus tard avec le riz ; de la même façon
les japonais cultivent des riz à pailles courtes, les fondations
Rockfeller et Ford qui veulent reproduire le succès du Mexique dans
l’Asie du Sud-Est, révolution verte contre révolution rouge, c’est ainsi
qu’ils la définissent. La première opération que font ces fondations,
c’est d’une part de prendre le matériel génétique de ces riz japonais
comme source de variété génétique de départ et de faire traduire toute
la littérature japonaise sur le riz, ce qui va permettre aux chercheurs
en l’espace de six ans de créer les premières variétés de la révolution
verte en Asie du Sud-Est. On avait effectivement un système dans lequel
il y avait une mondialisation effective des ressources génétiques, des
connaissances, un partage, une coopération internationale et on est en
train de remplacer cela par la cartellisation marchande, par la guerre
économique, et par le pillage des ressources génétiques. C’est une
formidable régression de s’engager dans la voie du brevet comme on est
en train de le faire.
Je vais conclure sur deux points. Voici le titre d’un article publié au
Centre International d’Amélioration du Maïs et du Blé, centre
international destiné en principe aux pays du Tiers-Monde. C’est un
symposium mondial sur l’hétérosis dans les cultures, tenu à Mexico.
L’article de Devich qui est ancien directeur de la recherche de Pioneer
s’intitulait L’hétérosis. Il faut traduire : les plantes stériles
économiquement. Qu’est ce que cela permet de faire ? Cela permet de
nourrir les hommes et de protéger les ressources naturelles. Et il y a
la propagande du complexe génético-industriel particulièrement bien
exprimé par Monsieur Axel Kahn [4], qui déclarait aux Echos : « les O.
G. M permettront de nourrir la planète en respectant l’environnement ».
Pour nourrir la planète et respecter l’environnement, il n’y a pas
besoin de plantes stériles par quelques moyens que ce soient, qu’il
s’agissent d’hybrides ou de brevets, ou de plantes terminatorisées. Il
n’y a pas besoin d’O. G. M, il n’y a pas besoin d’Agriculture
transgénique. Il y a besoin d’avoir des paysans et de les maintenir dans
leurs exploitation en leur donnant des conditions de vie et de travail
supportables ou même agréables, on a les moyens politiques de le faire.
Nous avons besoin d’une recherche publique lucide.
J’ai commencé l’exposé de cette conférence par cette évidence : « Nous
devons à quiconque ce qu’il produit déjà et dont il dispose à satiété ».
Nous avons déroulé la logique interne de l’économie de notre société en
ce qui concerne la biologie appliquée au secteur de l’agriculture. Un
autre grand domaine jumeau de la biologie appliquée est celui de la
santé et de la médecine. Faites le même raisonnement : on ne peut vendre
de médicament ni avoir de marché tant que les gens sont bien-portants.
Par conséquent l’objectif de notre société, c’est de nous rendre tous
malades, c’est ca l’économie politique de notre société. Nous y sommes
presque ! Ca s’appelle la théorie génétique de la maladie et vous avez
malheureusement des gens qui se sont fait avoir avec ca, ca s’appelle le
téléthon où on diffuse ce genre d’idéologie, l’idéologie génétique de la
maladie. Quelle est la conséquence de la théorie génétique de la maladie
? J’ai une mauvaise nouvelle a vous annoncer, c’est que vous êtes tous
porteurs des cinquante ou soixante maladies génétiques, tous. Lorsqu’on
aura décrypté votre génome, vous vous promènerez avec une carte à puce
avec votre génome en l’an 2010, on vous aura tous transformé en malade
potentiel. Et vous comprenez que c’est beaucoup plus facile et
profitable de transformer des gens bien portants en malades potentiels
que de faire de gens malades des gens bien portants. L’enjeu de la
théorie génétique de la maladie c’est le même que celui de la biologie
appliquée à l’agriculture, c’est les mêmes conséquences mortifères de
l’économie politique de notre société.
En 1997, Le Monde a publié, à la suite d’un article de la revue
scientifique Nature, un article qui disait qu’une équipe
franco-américaine avait découvert un gène responsable de l’obésité, et
l’article poursuivait en disant que le gène avait été breveté, avant
même que la publication ait eu lieu, et que contact avait été pris avec
les multinationales « thérapeutiques ». Alors j’ai écrit au Monde en
leur disant : "je n’y comprend plus rien, mes connaissances en biologie
sont limitées mais il faudrait que les journalistes scientifiques du
Monde m’expliquent comment en deux générations, la population américaine
a pu muter au point que 25% de la population soit obèse et en tout cas
50% soit en surcharge pondérale grave".
Le Monde m’avait dit qu’ils me publieraient mais ils ne m’ont pas
publié. Cela m’a un petit peu surpris... L’article poursuivait ensuite
en disant qu’il faudrait réfléchir sur le fait qu’il ne faudrait pas
confondre l’agent et la cause. A la limite on trouvera toujours des
gènes impliqués dans toutes formes de maladies pour la raison que les
gènes produisent des protéines et que les protéines sont impliquées dans
toutes les pathologies imaginables. Par conséquent la découverte d’un
gène responsable de ceci ou de cela, qu’il s’agisse du gène du sport, du
gène de la fidélité, du gène de l’homosexualité, plus récemment on a
découvert le gène de l’intelligence... chez la souris... Cela laisse
pantois car la définition de l’intelligence chez la souris c’est une
question à mon avis délicate sur le plan épistémologique. On a vu qu’on
avait découvert les gènes responsables du cancer (les oncogènes) ; on
nous a même dit dans Le Monde récemment que - grande nouveauté - nous
étions génétiquement extrêmement inégaux devant la tuberculose.
Autrement dit, ils sont en train de faire de la tuberculose une maladie
génétique. Cette confusion entre l’agent et la cause a pour objectif en
effet et c’est là qu’il y a une collusion et je pense que c’est très
grave entre le Politique et le Scientifique qui a pour objet de
débarrasser les politiques de leurs responsabilités politiques. Pour
quelles raisons, au fond ils y croient, on leur explique que l’obésité
c’est génétique, il n’y a qu’a confier ca aux transnationales des
sciences de la vie. Par contre si on leur explique que l’agent de
l’obésité c’est un gène, mais que la cause de l’obésité c’est « Mac Do
qui rend trop gros, c’est Coca qui rend trop gras » comme le disaient
des manifestants interwievés par Daniel Mermet, vous êtes devant un
problème politique : comment allez-vous lutter contre Mac Do, comment
allez-vous lutter contre Coca, comment allez-vous lutter contre leurs
clones européens, comment allez-vous construire une société dans
laquelle la nourriture ne sera pas une marchandise destinée à vous
empoisonner ? Vous voyez que le problème politique est central ici.
La science intervient comme instance de mystifications de la réalité. Il
s’agit de rendre naturelles des causes sociales et politiques. Il faut
absolument résister à ce genre d’idéologies et notre rôle est de reposer
constamment les problèmes politiques de notre société.
Compte-rendu réalisé par Marc VUAILLAT
(À suivre...)
Notes
[1] Organismes génétiquement modifiés.
[2] Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle relatifs au Commerce.
[3] L’ADN (NDLR).
[4] Ancien Président de la commission de génie biomoléculaire, directeur
adjoint des sciences de la vie chez Rhône-Poulenc.
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